Un événement violent ne laisse pas toujours de traces visibles. Pourtant, plusieurs mois après, le corps et le psychisme peuvent continuer à réagir comme si le danger était encore là.
Le psychotraumatisme désigne l’ensemble des conséquences psychiques d’un événement qui a débordé nos capacités d’adaptation : agression, violences sexuelles ou conjugales, accident, harcèlement, deuil brutal, mais aussi accumulation de situations plus discrètes qui finissent par user. Reconnaître ces réactions est souvent la première étape d’un apaisement.
Les grandes familles de symptômes
Les reviviscences
Des images, des sons, des odeurs ou des sensations reviennent sans prévenir, avec l’impression de revivre la scène. Elles surgissent le jour sous forme de flashs, la nuit sous forme de cauchemars répétitifs. Ce n’est pas un manque de volonté : le souvenir n’a pas été rangé comme les autres.
L’évitement
On s’organise, souvent sans s’en rendre compte, pour ne plus croiser ce qui rappelle l’événement : un lieu, un trajet, une conversation, un type de relation. L’évitement soulage à court terme et rétrécit la vie à moyen terme.
L’hypervigilance
Le corps reste en alerte : sursauts, tension permanente, difficultés d’endormissement, irritabilité, besoin de contrôler l’environnement, de repérer les sorties, de s’asseoir dos au mur.
Les altérations de l’humeur et de la pensée
Honte, culpabilité, sentiment d’être abîmé·e ou différent·e, perte d’intérêt, difficulté à se projeter, impression d’être coupé·e de ses émotions ou de son corps (dissociation).
Ces réactions sont des réponses normales à une situation anormale. Elles ne disent rien de votre solidité : elles disent que quelque chose n’a pas pu être digéré au moment où cela s’est produit.
Pourquoi le trauma est souvent invisible
Un traumatisme sorti de son contexte ressemble à un trait de caractère. On dira d’une personne qu’elle est « anxieuse », « sur la défensive », « distante », alors qu’elle est en réalité organisée autour d’un danger passé. C’est précisément le travail thérapeutique que de remettre ces réactions dans leur histoire, pour qu’elles cessent d’être vécues comme des défauts personnels.
Quand consulter ?
- Les symptômes persistent au-delà de quelques semaines après l’événement.
- Votre sommeil, votre travail, vos relations ou votre parentalité sont affectés.
- Vous mettez en place de plus en plus d’évitements.
- Vous consommez davantage d’alcool, de médicaments ou d’autres substances pour tenir.
- Il n’y a pas d’événement identifié, mais un mal-être diffus et ancien.
Il n’est pas nécessaire d’avoir vécu un événement « suffisamment grave » pour consulter. Le critère n’est pas l’ampleur objective des faits, mais l’effet qu’ils ont eu sur vous.
À quoi ressemble un accompagnement
Un suivi en psychotraumatologie commence rarement par le récit détaillé de l’événement. On travaille d’abord la sécurité : comprendre ce qui se passe, retrouver des repères, apprendre à réguler l’activation du corps. Ce n’est que lorsque ce socle est là que l’on peut approcher le souvenir lui-même, à votre rythme, sans jamais forcer.
Mon approche est intégrative : elle s’appuie sur la clinique du traumatisme, nourrie par les thérapies cognitivo-comportementales et la systémie, afin de comprendre à la fois ce qui se joue en vous et dans vos relations.
Commentaires
Une réponse à « Psychotraumatisme : reconnaître les signes d’un stress post-traumatique »
[…] Les antécédents de victimisation sont fréquents chez les personnes suivies dans ce cadre, et ils sont rarement énoncés spontanément. Sur les manifestations d’un psychotraumatisme, voir Psychotraumatisme : reconnaître les signes d’un stress post-traumatique. […]
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